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Opinions par Daniel Glasner, fondateur et directeur d’Action Finance SA.

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Un Robo Advisor remplacera-t-il le Conseiller Financier?

L’article de Yves Hulmann sur le Robo Advisor paru dans Le Temps du 23 mai 2015, reprend en quelque sorte le débat d’il y a 20 ans lorsque l’ordinateur Deep Blue a battu aux échecs Kasparov. Est-ce que “l’intelligence” de la machine est supérieure à celle de l’homme? Non, insistent des mathématiciens, par contre, l’ordinateur peut calculer beaucoup plus vite que l’homme.

Chaque investisseur possède un profil de risque et un objectif de placement personnels; un bon algorithme (ce mot, qui désigne une suite d’opérations mathématiques, vient du nom d’un mathématicien arabe du IXe s., modifié sous l’influence du grec arithmos, nombre.) conçu par l’homme permet de proposer instantanément à chaque investisseur une stratégie de placement sur mesure. Dès que la stratégie de placement a été validée par l’investisseur et les investissements réalisés, après quelques semaines ou quelques mois, il y a lieu d’analyser à nouveau s’il faut modifier ou ajuster les divers investissements en fonction de la nouvelle situation boursière et économique. C’est à ce moment là que la décision qui provient immédiatement du Robo Advisor (programmé par l’homme!) peut-être comparée à la décision que prendra un Conseiller financier. Quel conseil faut-il choisir? En admettant que le conseil est le même, pour quelle raison l’investisseur décidera-t-il de faire confiance à un Robo Advisor plutôt qu’à un Conseiller financier?

L’avantage de Robo Advisor est qu’il peut “converser” par internet avec un grand nombre d’investisseurs en même temps, contrairement au Conseiller financier qui rencontre un nombre limité de clients, ou les contacte par téléphone. De plus, Robo Advisor est en principe capable d’offrir ses services à un prix inférieur à ceux du Conseiller financier.

Les banques et autres concurrents qui se lanceront dans cette nouvelle activité de robotisation devront faire preuve, non seulement d’une bonne capacité d’analyse, mais devront apprendre à communiquer avec leurs clients par l’intermédiaire d’un programme informatique (interface) aussi simple à utiliser qu’une application de réservation de billets d’avion ou d’hôtels. Le succès sourira à ceux qui se seront inspirés de l’abréviation anglaise”KISS”: Keep It Simple and Stupid.